jeudi 17 mai 2018

Nous ne demandons qu'un peu de respect !


 C'est le 17 mai 1990 que l'Organisation Mondiale de la Santé a décidé de ne plus considérer l'homosexualité comme une maladie mentale. Cela n'empêche pourtant pas que des thérapies de"conversion" soient encore proposées aujourd'hui dans de très nombreux pays, y compris ceux qui sont les plus avancés dans la lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle. Cette pratique qui vise à « guérir » l’homosexualité ou la transidentité n'est interdite que dans 3 pays : le Brésil, l’Équateur et Malte. Elle peut prendre plusieurs formes dont la psychanalyse et la thérapie d’aversion (provoquer une sensation désagréable ou douloureuse lorsque la personne a des sentiments homosexuels). En plus de ne pas produire les résultats dont elle se vante, la thérapie de conversion peut causer de l’anxiété, de la dépression, voire des tentatives de suicide. Autant dire que l'homophobie, qu'elle soit consciente ou non, est encore très présente.


 Nous ne demandons pourtant pas grand chose, juste un peu de respect, celui qui consiste à nous accepter tels que nous sommes et pour tout ce que nous sommes. L'orientation sexuelle n'est qu'une petite facette de notre personnalité sur laquelle il n'y a pas lieu de se focaliser au point d'en ignorer toutes les autres.


 Dans de nombreux pays du monde, les homosexuels, les bisexuels et les transgenres sont passibles de peines de prison, voire de la peine de mort, ou sont en danger du fait de l’hostilité de la population parce que non protégés par les forces de l’ordre.  Certains ont la chance de pouvoir choisir l’exil et aboutissent chez nous. Cependant, la demande d’asile pour cause de risques encourus dans son pays pour faits d’homosexualité ou pour transgenrisme n’est pas facile à soutenir : il faut une histoire constante, des preuves de l’hostilité de son pays, des preuves des risques encourus personnellement, etc.  Les demandeurs d’asile sont aussi très isolés : nombre d’entre eux témoignent de l’homophobie de résidents dans les centres d’accueil et donc ils continuent à se cacher même chez nous.  En plus, si la demande était refusée et qu’ils devaient regagner leur pays d’origine en ayant fait connaître publiquement leur homosexualité ou leur transgenrisme, ils courraient encore plus de risques…



Dans 110 pays, il n'y a aucune loi pour protéger les personnes LGBT contre les discriminations. Il y est légal de renvoyer une personne de son travail, de l’expulser de son logement et de lui refuser un service à cause de son orientation sexuelle. Certains pays ont des lois qui protègent dans un domaine mais pas dans d’autres.

Dans 72 pays, les relations entre personnes de même sexe sont criminalisées. Elles sont passibles de la peine de mort dans 8 pays !


 En Belgique, la Fondation Ihsane Jarfi et les associations LGBTI invitent ce 17 mai à la Journée Ihsane Jarfi, un événement commémoratif pour lutter contre les discriminations sur la base des identités de genres, des orientations sexuelles, des origines ethniques, culturelles et religieuses.

Ihsane, jeune trentenaire d’origine marocaine, a été assassiné à Liège en 2012. Suite à ce meurtre homophobe, son père, Hassan Jarfi, a créé une fondation visant à lutter contre les discriminations qui mènent à la haine et la violence.


 L'homophobie commence souvent très tôt et les jeunes y sont rapidement confrontés tant à l'école que sur les réseaux sociaux ...





 Je ne voudrais pas terminer ce billet sans une petite chanson et quelques images de jolis garçons amoureux et heureux de l'être :



A bientôt pour d'autres considérations.

2 commentaires:

  1. très beau post:
    pour le cas "Ihsane Jarfi" la douleur a été feconde

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    1. Oui, j'admire ce père qui ne s'est pas laissé entraîner dans la haine mais qui puise dans l'amour et la mémoire de son fils l'énergie nécessaire pour construire quelque chose de positif.

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