mercredi 11 avril 2018

Triple standard - un homo peut-il être homophobe ?


 Un homo peut-il être homophobe ? Non seulement je le pense mais je crois aussi que nous sommes nombreux à avoir présenté les symptômes de l'homophobie lorsque nous avons découvert que nous étions davantage attirés par les personnes du même sexe que par celles du sexe opposé. Il faut souvent du temps et beaucoup de travail sur soi-même pour s'accepter tel qu'on est, et ensuite s'assumer librement et en toute transparence. Certains n'y arrivent jamais et restent enfermés dans leur placard en portant comme un fardeau le lourd secret de ce qu'ils considèrent comme une tare. Leur homophobie n'est pas tournée contre les autres mais contre eux-mêmes. D'autres préfèrent donner le change en menant une vie parallèle, en tenant des propos hostiles aux homosexuels et en se montrant plus agressifs à leur encontre que les hétéros les plus sectaires.


 Loin de moi l'envie de blâmer ceux qui n'arrivent pas à assumer en plein jour leur homosexualité, bien au contraire. Chacun se débrouille comme il peut dans le contexte où il se trouve et avec les outils qu'il a. Si j'ai eu la chance de rencontrer l'amour et les soutiens nécessaires à m'en sortir relativement bien puis à m'épanouir dans ma vie affective et sexuelle, je n'ai pas à juger et encore moins à condamner ceux qui n'ont pas eu ce bonheur, même si de leur côté ils n'hésitent pas à me montrer du doigt.


 Je n'ai pas de chanson pour illustrer ce billet mais un court-métrage, celui que j'ai utilisé pour le clip musical du billet précédent.


 "Triple Standard" met en scène Crim, une ancienne star du basket à la remarque homophobe facile. Il va devoir se remettre en question et accepter le fait qu'il est lui-même homosexuel s'il veut garder l'amour du garçon avec qui partage sa vie.




 Voici pour terminer sur une note de tendresse un court-métrage d'animation de 4 minutes que j'ai beaucoup aimé. Il s'intitule "In a heartbeat", dans un battement de cœur.



A bientôt !

2 commentaires:

  1. Hello Jean,
    Je n'ai pas ou plus en mémoire l'état d'esprit que j'ai eu lorsque je me suis rendu compte que les
    hommes m’attiraient plus que la gent féminine. Mais je ne pense pas que j'aie eu un sentiment homophobe à l'égard dey garçons aimant les garçons, c'était, je crois plus un sentiment de curiosité que de rejet. Une fois de plus tu as su trouver dans l'exposition de tes propos les mots justes afin de ne pas culpabiliser. J'aime les photos de couples que tu as mises en exergue, surtout les nos 4 & 7. Les 2 vidéos sont de très bon ton toutes les deux.
    Bonne suite de semaine et plein de bisous tendres
    Philippe ô bord du Léman

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    1. Bonjour, Philippe.
      Je peux te croire aisément quand tu dis n'avoir eu aucun sentiment homophobe à l'égard des garçons aimant les garçons. En réalité, lorsque j'ai pris conscience que j'étais attiré par les garçons et non par les filles, mon homophobie n'était pas dirigée vers les autres homosexuels mais contre moi-même. Il s'agissait d'une réelle phobie au sens propre du terme. Mais, je peux t'assurer que ça n'a pas duré très longtemps. Je me suis très rapidement dit que si j'étais ainsi sans l'avoir souhaité et si je ne pouvais rien y changer malgré mes tentatives de me conformer à la "norme", c'est que la nature avait voulu que je sois tel et que je n'avais donc pas à culpabiliser. Il m'a fallu un peu plus de temps pour me dire que je n'avais pas à être honteux de ce que j'étais et, quand j'ai rencontré un garçon avec lequel je voulais partager ma vie, je n'ai pas cherché à cacher ma relation avec lui. Je n'ai jamais dit (avoué, comme disent certain) que j'étais homo, il m'a suffit de présenter mon compagnon comme une évidence que je n'avais pas à justifier et qui n'était pas à discuter. Mon coming-out a donc été un non événement. Personne dans ma famille ne m'a fermé sa porte, mes compagnons ont toujours été accueillis, bref tout s'est bien passé. De quel droit pourrais-je alors juger ceux qui hésitent à faire comme moi, ceux qui ont de bonnes raisons de croire que leur coming-out leur serait préjudiciable ? Je me refuse aussi de juger ceux qui pensent à tort que leur coming-out se passerait mal alors qu'il n'en serait rien. Je ne peux que regretter pour eux qu'il se condamnent à une vie malheureuse alors qu'il pourraient sans problème se libérer d'un lourd secret (parfois de polichinelle) et s'épanouir pleinement en assumant pleinement ce qu'ils sont.
      Bonne fin de semaine à toi et bisous amicaux depuis les forêts ardennaises aux allures printanières.

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