mardi 13 mars 2018

Est-ce plus facile pour les jeunes homos du vingt-et-unième siècle ?


 Né au milieu du vingtième siècle, je n'avais aucun repère sur lequel m'appuyer lorsque j'ai découvert que j'étais attiré par les garçons et que je voulais construire ma vie avec l'un d'eux. On ne parlait que très rarement de l'homosexualité dans les années '60, et uniquement pour la condamner. Des malades, des anormaux, des pervers voués à la damnation éternelle, voilà ce que nous étions. Difficile dans ces conditions d'avoir une image positive de soi-même, d'accepter son orientation sexuelle et de l'assumer ouvertement. Il fallait se cacher, faire semblant, jouer un rôle pour lequel on n'était pas fait.

 Aujourd'hui, tout a changé. L'homosexualité est partout, dans la rue, les médias, sur le Net... Impossible pour un jeune ado né au début du vingt-et-unième siècle qui découvre qu'il est attiré par les garçons d'ignorer de quoi il s'agit. Mais, le vieux dinosaure que je suis a-t-il de quoi les envier ? J'en doute. Je ne suis pas convaincu que tout le ramdam fait autour de l'homosexualité offre aux jeunes les repères positifs qui leur sont nécessaires pour se construire une personnalité épanouie.


 Sujet tabou il y a 50 ans, l'homosexualité est omniprésente aujourd'hui. Ce ne sont pas les infos qui manquent sur ce sujet qu'on nous présente à toutes les sauces. On peut tout voir et tout apprendre sur la question : le meilleur mais aussi le pire.


 L'excès nuit en tout et trop d'informations tue l'information. Alors, que perçoivent de l'homosexualité les jeunes ados qui n'entendent des infos que celles qui font les gros titres, qui n'en voient que les images chocs diffusées à la télé et relayées par les réseaux sociaux, et qui passent le plus clair de leur temps libre accrochés à leur smartphone ?


 Ayant depuis près d'un demi-siècle dépassé l'âge de la puberté, je ne peux pas répondre à la place des ados. Cela ne m'empêche pas d'imaginer que des manifestations homophobes, des images de folles travesties à la gay pride, les images pornographiques auxquelles ils accèdent de plus en plus jeunes via les plateformes numériques, ne sont pas de nature à leur donner une image particulièrement valorisante et encore moins structurante de leur orientation sexuelle.


 J'avais préparé une petite vidéo avec la chanson "Petit pédé" de Renaud. Malheureusement, elle a été bloquée par le propriétaire des droits d'auteur qui ne permet que la diffusion de sa vidéo officielle.




A bientôt !

4 commentaires:

  1. Philippe Poget14 mars 2018 à 13:51

    Cher Jean,
    Que ton texte sonne juste, en effet, ajh, il règne un jungle inextricable dans ce domaine.
    Les mecs ne doivent plus savoir où et vers qui se tourner pour y voir clair,en fait rien n'a
    changé depuis, si ce n’est que quelques tabous sont tombés. A l'heure actuelle, le manque de confiance vis-à-vis d'autrui fait sacrément défaut. Ne nous décourageons pas, l'avenir peut
    nous faire découvrir de belles et bonnes surprises.
    Bien à toi, gros bisous depuis les bords du Léman
    Philippe

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    1. Hello Philippe !
      Je ne jette la pierre à personne puisque je tiens moi-même des blogs pour adultes dont le contenu n'est absolument pas approprié pour de jeunes ados insuffisamment armés pour faire la part des choses et relativiser ce qu'ils voient. Je sais que ce n'est malheureusement pas un petit disclaimer disant que le blog est réservé aux adultes qui arrête les mineurs trop heureux de braver les interdits. Nous avons été jeunes nous aussi et nous savons donc que rien n'est plus excitant à cet âge que faire ce qui est défendu. Sauf qu'à notre époque, nous étions beaucoup plus surveillés qu'aujourd'hui et il y avait vite quelqu'un pour nous recadrer quand nous sortions du "droit chemin".
      En ce qui concerne le manque de confiance vis-à-vis d'autrui, c'est carrément toute la question des relations avec les autres qu'il faut (ré)apprendre dans une société devenue par trop individualiste et consumériste où l'autre n'est plus vu que comme un objet de consommation immédiate qu'on zappe ou qu'on prend avant de le jeter pour passer au suivant.
      Mais bon, comme tu dis, il ne faut pas désespérer de l'avenir. On connait le fameux principe du balancier qui veut que lorsqu'on a trop exagéré dans un sens on fait demi-tour pour exagérer dans l'autre sens.
      Bonne fin de semaine sur les bords du Léman et bisous depuis les forêts ardennaises.

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  2. est-ce plus facile aujourd'hui? J'espère tellement! mais cela dépend aussi des familles.
    Belles images!!!

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    1. Oui, Xersex, je suis tout à fait d'accord avec toi. Le rôle de la famille est primordial dans ce domaine.

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