samedi 31 mars 2018

Lune bleue pour Pâques


 Aujourd'hui, c'est pleine lune, la première du printemps, celle qui entraîne dans son sillage la fête de Pâques célébrant la victoire de la lumière sur les ténèbres et de la vie sur la mort. Cette fête printanière n'est pas l'apanage des religions judéo-chrétiennes puisqu'on la retrouve depuis la nuit des temps dans de nombreuses cultures se réjouissant au début du printemps du retour de la lumière et de la renaissance de la nature après de longs mois d'hiver.


mardi 27 mars 2018

Je ne suis pas un sex toy !


 Les hétéros qui regardent les homos avec compassion, mépris ou haine viscérale peuvent-ils imaginer le nombre de "fidèles" maris et "respectables" pères de familles fréquentent les lieux de drague à la recherche de furtifs plans sexuels avec d'autres hommes ? Aux heures de pointe, ils sont largement majoritaires sur les parkings d'autoroute à la sortie des grandes villes. On peut aisément les reconnaître en ce qu'ils vont droit au but sans s'embarrasser d'inutiles préliminaires. Peu importe la proie pourvu qu'ils puissent assouvir leurs instincts virils. Je ne me sens aucune affinité avec ces hommes ; ma nature homoromantique est incompatible avec ces plans dans lesquels le partenaire n'est guère pris en considération. Je ne suis pas un jouet sexuel, un objet que l'on jette après usage.


mardi 20 mars 2018

Le privilège d'aimer les garçons


 Si on m'avait proposé lorsque j'avais 15 ans de choisir entre l'homosexualité et l'hétérosexualité, j'aurais décidé sans la moindre hésitation d'être hétéro "comme tout le monde". On ne choisit pas un chemin sinueux semé d'embûches quand on a la possibilité d'emprunter la voie royale. Ce n'est pas de gaieté de cœur qu'on cherche à dissimuler qui on est vraiment, à camoufler ses sentiments et ses désirs les plus intimes, avec en permanence la peur au ventre, le visage qui rougit, les mains qui tremblent et les jambes qui fléchissent à la moindre allusion, à l'idée que le secret qu'on tente de cacher pourrait être dévoilé. Menteur, dissimulateur, fuyant, marchant tête baissée sans jamais oser regarder quelqu'un droit dans les yeux, bégayant, c'est ainsi que j'étais à l'adolescence. Ce n'était pas mon choix mais le résultat de l'image qui m'était imposée de moi-même à cause des sentiments que j'éprouvais à l'égard des garçons. Si on m'avait dit à l'époque que l'homosexualité était un privilège, un don du ciel, je ne l'aurais pas cru. Si on m'avait proposé une thérapie miracle, je l'aurais immédiatement acceptée.


mardi 13 mars 2018

Est-ce plus facile pour les jeunes homos du vingt-et-unième siècle ?


 Né au milieu du vingtième siècle, je n'avais aucun repère sur lequel m'appuyer lorsque j'ai découvert que j'étais attiré par les garçons et que je voulais construire ma vie avec l'un d'eux. On ne parlait que très rarement de l'homosexualité dans les années '60, et uniquement pour la condamner. Des malades, des anormaux, des pervers voués à la damnation éternelle, voilà ce que nous étions. Difficile dans ces conditions d'avoir une image positive de soi-même, d'accepter son orientation sexuelle et de l'assumer ouvertement. Il fallait se cacher, faire semblant, jouer un rôle pour lequel on n'était pas fait.

 Aujourd'hui, tout a changé. L'homosexualité est partout, dans la rue, les médias, sur le Net... Impossible pour un jeune ado né au début du vingt-et-unième siècle qui découvre qu'il est attiré par les garçons d'ignorer de quoi il s'agit. Mais, le vieux dinosaure que je suis a-t-il de quoi les envier ? J'en doute. Je ne suis pas convaincu que tout le ramdam fait autour de l'homosexualité offre aux jeunes les repères positifs qui leur sont nécessaires pour se construire une personnalité épanouie.


mercredi 7 mars 2018

Je t'aime comme un fou !


 La première fois que je suis tombé amoureux d'un garçon, c'était bien avant d'être pubère. J'ignorais tout de l'homosexualité, c'était un sujet dont personne ne parlait à l'époque, du moins devant les enfants. Le seul mot concernant ce sujet que j'avais surpris dans une conversation entre grandes personnes était "tapette". On s'était alors contenté de m'expliquer que c'était un homme qui aimait les autres hommes et que c'était quelque chose de très mal. J'avais auparavant déjà appris pour m'être fait méchamment grondé par ma mère que le sexe était "quelque chose de très sale avec lequel on ne pouvait pas jouer". J'avais en effet eu le malheur de jouer à touche-pipi avec un garçon qui s'était empressé de le dire à sa mère, laquelle s'était fait un devoir de le rapporter à la mienne.