jeudi 27 octobre 2016

Chanson d'automne - Gay câlin au bord du lac


 Un poète maudit loin d'être sage, que ce soit avec les jeunes garçons ou avec les pucelles, pouvait parfois écrire de jolies choses. Il ignorait alors qu'il allait contribuer 78 ans plus tard à la libération de l'Europe. Et, grâce à lui, les jeunes garçons d'aujourd'hui peuvent se faire de gros câlins paisiblement au bord de l'eau.


"Chanson d'automne" est un petit poème de Paul Verlaine, paru dans les "Poèmes saturniens" en 1866.


Tout le monde connaît ce poème rendu célèbre par Radio Londres peu avant le débarquement en Normandie. En effet, la première strophe légèrement altérée a été utilisée pour le plan rail du réseau Ventriloquist de Philippe de Vomécourt en Sologne. Celui-ci avait pour mission de saboter les voies ferrées allant vers la Normandie, afin de les rendre inutilisables pour l’envoi de renforts allemands :
  • Le 1er juin, le message « Les sanglots longs des violons d’automne… » invitait les saboteurs ferroviaires à commencer les sabotages. 
  • Le 5 juin , « Bercent mon cœur d'une langueur monotone. » informait les résistants du réseau Ventriloquist qu'ils devaient passer à l'acte.
Dans le poème de Paul Verlaine, les violons de l'automne blessent mon cœur tandis que dans le message de la résistance, les violons d'automne bercent mon cœur. Dès lors, on peut se demander si l'auteur de ces messages de la résistance avait lu Verlaine ou s'il n'avait pas plutôt écouté Trenet. En effet, quand Charles Trenet a mis ce poème en musique en 1939, il a remplacé "blessent" par "bercent". En 1974, Léo Ferré a aussi mis ce poème en musique en gardant les paroles originales de Paul Verlaine. 

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon cœur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte. 

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Voyez dans le billet suivant ce que Serge Gainsbourg a fait de la Chanson d'automne de Paul Verlaine...

8 commentaires:

  1. Réponses
    1. Alors, tu es servi avec ce bisou qui dure plus de 10 minutes (la vidéo originale a été fortement écourtée) et la dernière photo.
      Passe un bon week-end !

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  2. Jean,
    Que de tendresse, d'amour tant dans les photos, la vidéo et le texte de la chanson.
    J'aime quand tu es aussi tendre avec tes lecteurs, ils ne peuvent que t'aimer et moi le premier (attention Damien, tu ne cours aucun risque, lol)
    J'aime tout particulièrement la photo n°6, c'est un pur bonheur.
    Bonne fin de semaine à toi et à Damien, je vous embrasse tous les Deux
    Philippe ô bord du Léman mais dans les nuages par la pensée

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    1. Ce poème de Verlaine n'est pas vraiment joyeux puisqu'il évoque un automne de la vie pas vraiment réjouissant durant lequel on se souvient avec nostalgie de sa jeunesse et on ne fait plus qu'errer tel un mort vivant (pareil à la feuille morte). A vrai dire, même si j'aime évoquer ici des chanson de ma jeunesse, je crois vivre l'automne de ma vie de manière plus réjouissante. Quand je pense que Verlaine n'avait que 22 ans quand il a publié ce poème et qu'il en avait encore pour 30 ans à vivre, j'imagine combien il pouvait être mal dans sa tête.
      Pour la photo 6, je sais que tout comme pour moi la relation d'un homme blanc avec un homme noir évoque quelque chose de fort.
      Bon week-end au bord du lac et bisous de deux hommes des bois.

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  3. Une chanson nostalgique en cette saison qui annonce les frimas de l'hiver... Depuis longtemps, tous les ans, je vivais mal cette saison , avec une sorte d'appréhension...
    Aujourd'hui bien sûr, plus que jamais, cette saison représente l'étape de ma vie où j'en suis... Mais heureusement le bonheur que je vis au présent, repousse l'échéance de l'hiver qui m'attend. Ce poème est magnifique et sa mise en musique touche à chaque fois mon cœur.
    Merci Jean pour cet instant de tendresse... Bises

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    1. Quand le ciel est gris, quand il fait pluvieux ou brumeux, l'automne est déprimant. Par contre, quand il y a du soleil, quelle beauté toutes ces couleurs de rouge et d'or. Maintenant que tu as ton Soleil en permanence à tes côtés, il est normal que l'automne te soit plus doux. Bisous à vous deux.

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  4. Oh ! Oui comme tu as raison... Et puis...
    Pour lui, j'ai toujours ma petite cheminée d'allumée, où il peut déposer sa bûche quand il veut... Alors il peut me tisonner, me ramoner comme il veut... Le feu brûle en moi et ces ardeurs me font monter la température... Alors j'oublie la grisaille... Bisous les amoureux...

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    1. Et j'imagine que la bûche a déjà le bout en feu quand elle entre dans ta petite cheminée...

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