mercredi 2 décembre 2015

Le Noir Hautbois dormant


 Mon défunt mari était noir, d'un noir tellement éclatant qu'il a illuminé toute ma vie, non seulement les merveilleuses années que nous avons eu la chance de vivre ensemble, mais aussi toutes les autres, aussi bien celles qui ont précédé notre rencontre que celles - déjà nombreuses - qui ont suivi son décès.


Il n'était pas le premier homme dans ma vie et n'a pas été le dernier mais c'est lui qui a donné tout son sens à mon existence au moment où j'errais sans but précis.

Je me suis réveillé
D'un long sommeil hautbois dormant
Pour te trouver
J'ai traversé la nuit des temps
Et si j'étais
Resté cet enfant d'autrefois
Je n'aurais jamais su pourquoi
Jamais jamais jamais
Pourquoi c'était si lourd d'être ici bas

Et chaque été
Le soleil glacé par le vent
J'aurais croisé
De longs silences lancinants
Et si j'étais
Resté cet enfant d'autrefois

Je n'aurais jamais eu de joie
Jamais jamais jamais
Je n'aurais vu le jour comme je te vois

Je me suis réveillé
D'un long sommeil hautbois dormant
J'avais rêvé
De n'être plus qu'un ange blanc
Et si j'étais
Resté cet enfant d'autrefois
Que jamais tu ne connaîtras
Jamais jamais jamais
Je n'aurais eu d'amour
Je serai seul

Jamais je n'aurai eu d'amour
Je serai sans toi.

Ne me demandez pas pourquoi j'évoque son souvenir en ce début de mois de décembre.
Nous étions de la génération insouciante des années '70, des post-soixante-huitards profitant à fond de la libération sexuelle sans nous douter du fléau qui allait nous décimer quelques années plus tard. Le virus m'a miraculeusement épargné. Mon mari n'y a pas échappé.


Nous ignorions dans les années soixante-dix que faire l'amour rimait avec choper la mort. Dès que nous avons su, nous avons pris les précautions nécessaires et découvert qu'il était possible de s'aimer et d'avoir une sexualité épanouie sans prendre de risque. Plus personne ne peut dire aujourd'hui qu'il ne connaît pas la maladie, ses modes de transmission, ses conséquences sur la vie des personnes infectées ni les moyens de protection. Je ne comprends pas ce qui pousse tant d'hommes - jeunes et moins jeunes - à agir comme si la maladie était bénigne et à s'adonner aux pratiques les plus risquées. Cela me fait bondir. Mon jeune ami me réplique que je connais les dangers du tabac et que cela ne m'empêche pas de fumer. C'est vrai. Néanmoins, si j'avais connu les dangers du tabac quand j'étais jeune, jamais je n'aurais commencé.


6 commentaires:

  1. très belle vidéo avec du lait et du chocolat! magnifique

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    1. Merci pour ta visite et ce sympathique commentaire sur la vidéo.

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  2. Sympa le branleur black, j'adore.

    Dis-moi, c'est très ressemblant le mec des photos 2 et 3. C'est quand même pas lui ?

    Bisous.

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    1. En effet. J'ai choisi ces photos pour la ressemblance mais ce n'est pas lui. Les photos que j'ai ne risquent pas de se retrouver sur un blog comme celui-ci.

      Bisous, mon coquin.

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