mercredi 16 décembre 2015

Je chante sur mon chemin


"Je chante" n'est pas seulement le titre d'une chanson de Charles Trenet remise au goût du jour par Mika mais c'est aussi ma réalité quotidienne. Oui, je chante à longueur de journée, du matin au soir et du soir au matin, aussi bien en cuisinant que devant l'ordinateur, en voiture, quand je me promène seul dans les bois, sous la douche comme tout le monde et jusque dans mon lit. Il m'arrive même de pousser la chansonnette sur scène. C'est un véritable art de vivre car, comme chante Michel Sardou, "la vie c'est plus marrant, c'est moins désespérant en chantant".


"Je chante" est - avec "Fleur bleue" - la première chanson enregistrée par Charles Trenet, juste après sa libération du service militaire, en décembre 1937. Il en est l'auteur et le compositeur avec Paul Misraki . Elle est la chanson éponyme du film musical "Je chante" de Christian Stengel, sorti en novembre 1938 dans lequel Charles Trenet interprète le rôle principal.
Dans cette chanson, un pauvre vagabond décrit sa vie, uniquement remplie par le chant. À la fin de la chanson, emprisonné par les gendarmes, il se pend pour retrouver la liberté et revient sous forme de fantôme. Ainsi, malgré des couplets légers et insouciants en apparence, la chanson s'achève sur un suicide.

Certains y ont vu une allusion à l'homosexualité du chanteur lorsqu'il affirme : « Les elfes, divinités de la nuit, les elfes, couchent dans mon lit ».

Mika a repris cette année la chanson qui s'inscrit bien dans son registre, mélancolique dans le fond et joyeux dans la forme.

Je chante, je chante soir et matin,
Je chante sur mon chemin,
Je chante, je vais de ferme en château,
Je chante pour du pain,
Je chante pour de l'eau.

Je couche la nuit sur l'herbe des bois,
Les mouches ne m'piquent pas,
Je suis heureux,
J'ai tout et j'ai rien,
Je chante sur mon chemin.

Les elfes, divinités de la nuit,
Les elfes couchent dans mon lit.
La lune se faufile à pas de loup
Dans les bois pour danser,
Pour danser avec nous.

Je sonne chez la comtesse aujourd'hui,
Personne, elle est partie.
Elle n'a laissé
Qu'un plat d'riz pour moi,
Me dit un laquais chinois.

Je chante mais la faim qui me poursuit
Tourmente mon appétit,
Je tombe soudain au creux d'un sentier,
Je défaille en tombant
Et je meurs à moitié.

Hé, gendarmes qui passez sur le chemin,
Gendarmes, je tends les mains.
Pitié j'ai faim,
Je voudrais manger,
Je suis tout léger léger.

Au poste, d'autres moustaches m'ont dit,
Au poste, ha mon ami,
C'est vous le chanteur, le vagabond,
On va vous enfermer,
Oui votre compte est bon.

Non ficelle tu m'as sauvé de la vie,
Ficelle soit donc bénie,
Car grâce à toi j'ai rendu l'esprit,
Je m'suis pendu cette nuit.
Et depuis,

Je chante, je chante soir et matin,
Je chante sur les chemins,
Je hante les fermes et les châteaux,
Un fantôme qui chante
On trouv' ca rigolo.

Et je couche la nuit sur l'herbe des bois,
Les mouches ne m'piquent pas.
Je suis heureux,
Ca va j'ai plus faim,
Et je chante sur mon chemin.

Charles Trenet, qui fréquentait beaucoup avant-guerre les grandes figures du milieu homosexuel de Montparnasse, n'a cependant jamais parlé publiquement de sa vie privée. Néanmoins, vingt-cinq ans après la création de cette chanson,  le 13 juillet 1963, suite à une plainte anonyme alors qu'il séjourne dans sa propriété "Le Domaine des Esprits" proche d'Aix-en-Provence, il est appréhendé en compagnie de quatre jeunes hommes, dont deux mineurs de vingt ans, et inculpé d'outrages à la pudeur et attentats aux mœurs. Mis sous mandat de dépôt, il est écroué à la prison d'Aix. Son ex-cuisinier, chauffeur et secrétaire, qui l'accuse de l'avoir contraint à recruter de jeunes personnes pour des parties fines, est également incarcéré. Sa détention dure vingt-huit jours. Quelques mois plus tard, il est condamné en première instance à un an de prison et 10 000 francs d'amende avec sursis, un jugement dont il fait appel. Il obtient un non-lieu et est blanchi par la justice. Cet épisode révèle au public son homosexualité alors qu'il avait toujours souhaité rester discret sur ce sujet.


10 commentaires:

  1. Bonsoir cher ami!

    Je suis également du genre de personne à chantonner parfois à haute voix, parfois silencieusement dans ma tête...

    Tu illustres magnifiquement bien cette sublime chanson que Mika a réussi à reprendre à sa sauce sans en dénaturer la qualité initiale, car parfois certaines reprises peuvent s'avérer de véritables horreur!

    Concernant l'une des photos composant l'un de mes articles j'ai le regret de t'apprendre qu'il ne s'agit pas d'un selfie de ma personne.

    Je te souhaite une belle et bonne soirée!

    Bisous

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    1. Les gens qui chantonnent spontanément à tout bout de chant (le jeu de mot était trop facile) me sont immédiatement sympathiques.
      Je suis d'accord avec toi concernant certaines reprises qui sont de véritables horreurs à l'opposé de celle de Mika qui est très réussie. Je suis convaincu que Charles Trenet aurait lui aussi beaucoup apprécié l'interprétation de Mika dans cette merveilleuse adaptation où les synthétiseurs remplacent avantageusement les instruments à cordes et à vent d'avant guerre.
      Concernant la photo sur ton blog, je me doutais bien qu'il ne s'agissait pas d'un selfie de toi mais je voulais te taquiner un peu.
      Je te souhaite une bonne soirée.
      Bisous.

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    2. J'aime ce genre de taquinerie ;-)

      Cela te rend ainsi qu'encore plus sympathique!

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    3. Il est bon de chantonner pour égayer nos journées!

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    4. J'aime les hommes qui savent égayer la vie !

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    5. Tout à fait ! Ceux qui tirent la tête à longueur de journée et qui ne sont jamais contents sont déprimants. Autant les éviter !

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