samedi 17 octobre 2015

Ce monde où l'amour est tout, existe-t-il ?


Qui n'a jamais connu l'amour passion, l'amour fou, celui qui fait battre le cœur beaucoup plus vite, donne des ailes, fait chanter la vie ?

Quand un tel amour arrive, plus rien ni personne n'existe au monde que l'être aimé. On ne vit plus que pour lui et par lui. Et bien souvent, on attend un amour aussi grand de sa part que plus rien au monde n'ait plus d'importance que nous, qu'il ne puisse plus vivre que par nous et pour nous.

Malheureusement, le désir amoureux n'est pas toujours aussi intense des deux côtés et cette exigence d'exclusivité débouche souvent sur la jalousie et le besoin de posséder l'autre  au point de l'étouffer. S'ensuivent les crises et finalement la rupture.


Cet amour fou, je l'ai connu et plus d'une fois avant de comprendre qu'aimer l'autre, c'était aller au-delà de la passion pour découvrir et accepter l'être aimé tel qu'il est, avec ses qualités et aussi ses défauts, en lui reconnaissant son identité propre et sa liberté personnelle.

Certes, cet amour-là, je ne le connaissais pas en 1964 quand je fredonnais ce grand succès de l'année chanté par Richard Antony qui était à l'époque le chanteur le plus populaire avec Johnny Hallyday. Je n'avais alors que 10 ans.


Chaque jour j'ouvre les yeux sur toi,
Chaque nuit vient les fermer sur toi.
Tu souris et je suis le plus heureux,
Loin de toi je suis si malheureux.
 
Chaque fois que tu as cru en moi,
Tu sais bien que j'ai gagné pour toi.
Ton amour me suffirait
Pour te donner un monde entier.
 
Et ce monde sera fait pour toi,
Et personne n'y viendra que toi.
Notre vie commencerait
Et tu vivrais dans ce monde à moi.
 
Ton amour me suffirait
Pour te donner un monde entier.
 
Et ce monde sera fait pour toi,
Et personne ne n'y viendra que toi.
Si jamais tu me quittais il est écrit que la vie,
Toute la vie, serait finie pour moi.

Aujourd'hui, je suis beaucoup plus serein dans mes relations amoureuses, moins exclusif, moins possessif, pour ne pas dire plus du tout.

Certes, quand le matin j'ouvre les yeux sur mon jeune amant et qu'il me sourit, je suis toujours le plus heureux des hommes, émerveillé de constater que quelqu'un peut encore m'aimer malgré mon âge avancé et savourant l'instant présent sans me soucier du lendemain.

Chaque fois qu'il croit en moi, je me sens pousser des ailes et ça me stimule à gagner pour lui.


Mais je sais que je ne peux pas être le monde entier pour lui, comme il ne peut pas l'être pour moi. Je sais que mon amour ne peut pas suffire à son épanouissement et que le sien n'est pas non plus tout pour moi.

De ma longue vie d'errance, j'ai appris que l'amour n'est pas une cage dorée ni la fusion de deux êtres incapables de vivre l'un sans l'autre. L'amour n'est pas non plus une fleur qu'on coupe pour l'accrocher à sa boutonnière, mais plutôt qu'on arrose et soigne pour lui permettre de s'épanouir.


7 commentaires:

  1. Une bien belle philosophie extrêmement bien illustrée!

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    1. Avec l'âge, on devient sage et philosophe... ou pas.

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    2. D'autant qu'être philosophe et gay peut faire un agréable mélange!

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    3. Possible. Toutefois, être gay est un atout pour devenir philosophe car on se pose très tôt beaucoup de question sur soi-même, cette différence affective incomprise, le sens de tout cela, ...

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